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|  Benjamin Pargan, né en Bosnie, depuis 1998 en Allemagne
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De l’étude et de la fête
D’abord une vérité : les teufs en Allemagne sont bien mieux que leur réputation. Pourtant, les clichés ne manquent pas là non plus. On prétend par exemple que les Allemands sont froids, qu’ils n’ont pas une once d’humour et qu’ils sont hyper-distants. C’est faux ! Ils savent faire la fête dans les règles de l’art. Malgré tout, pour vraiment s’éclater et ne pas devoir buter sur quelques détails désagréables, mieux vaut être préparé à certaines particularités teutonnes. Première chose – le capitalisme n’est jamais loin. Ainsi, en milieu estudiantin, on est le plus souvent prié d’apporter son repas – et sa boisson. Une coutume qui tient peut-être au rapport spécifique des Allemands avec l’argent ! À propos d’argent, encore un tuyau de taille : même si on t’a gratifié d’une invitation personnelle à un anniversaire dans un restaurant, prépare ton porte-monnaie ou étanche ta soif à l’eau du robinet. Cela t’évitera le petit désagrément lié au fait que la personne qui fête son anniversaire (et qui t’a invité) ne paye pas une seule boisson. Mais d’un autre côté, hein, ne te plains pas : tu es invité. Comme en sport : l’important est de participer !
Philosophes du soir, espoir
Comment faire des connaissances dans une teuf teutonne ? On dit les Allemands renfermés et peu communicatifs : encore un cliché qui n’est pas complètement vrai – mais pas tout à fait faux non plus ! En fait, ils ont tout simplement leurs règles, des principes qui peuvent sembler bizarres pour quelqu’un comme moi, qui vient plutôt du sud-est de l’Europe. Pas facile de savoir qui fait le premier pas et qui adresse la parole à l’autre. Le type causeur qu’on connaît si bien chez nous, est plutôt rare en Allemagne. Donc c’est à nous de prendre l’initiative. C’est à nous d’aborder les gens. Car en fait, même s’ils ne le montrent pas, les Allemands adorent la fouge sudiste. Pour le reste, les sujets de conversation ne sont pas très variés. On parle souvent travail et études. Et on adore philosopher – normal, au pays des poètes et des penseurs !
Dragueurs sudistes ?
Les étudiants allemands reprochent souvent à leurs camarades du sud et du sud-est de l’Europe une proverbiale « légèreté ». Parler « fringues », « sorties » ou autres – tout cela peur paraît banal et superficiel. À l’inverse, vus du sud, les sujets de conversation « allemands » flirtent avec la stérilité et la métaphysique. Encore une chose : passer de la pluie et du beau temps à un registre plus personnel peut prendre un certain temps. Sans compter que l’on risque de se méprendre sur tes intentions si tu t’intéresses de trop près au sexe opposé. Le qualificatif de dragueur n’est pas loin. Et là, attention à l’effet boomerang! En effet, les Allemands, réputés corrects et distants, ont aussi leur préjugés et leurs clichés vis-à-vis des autres nations. Et c’est bien normal, non!?
In vino veritas
Le principe des vases communicants se vérifie une fois de plus : la hausse du taux d’alcoolémie réduit les blocages. Dans les fêtes, les Allemands règlent leurs problèmes relationnels plutôt à la légère – même pour un Européen du Sud. Apparemment, les « dérapages non contrôlés » sont perçus avec beaucoup plus d’indulgence. Le taux d’alcoolémie a aussi ses bons côtés : il permet à beaucoup de pseudos intellos de laisser tomber le pseudo. Rideau sur le « pays des poètes et des penseurs ». Les Allemands – saboteurs de clichés sur les Allemands !
En tout cas, celui de la « ponctualité » est saboté d’avance, au moins dans ce contexte. Arriver à l’heure à une fête frise l’impolitesse. Savoir se faire attendre juste ce qu’il faut. C’est ça qu’est cool ! Et encore une remarque pour le fumeur de service : si tu tapes une cigarette, ne t’étonne pas de voir ton vis-à-vis en sortir une lui-même du paquet et te l’offrir en la tenant entre ses doigts. Ce geste n’a rien de désobligeant ni de vexatoire. Bien au contraire !
Cela dit, c’est en plongeant soi-même dans la marmite qu’on en apprend le plus – et que, finalement, on s’amuse le mieux. Alors - que la fête commence !
Benjamin Pargan
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