Points forts et points faibles : la recherche scientifique allemande au banc d’essai

« Bon niveau, peut s’améliorer »

Qu’est-ce que le succès en recherche scientifique ? Et qu’est-ce que l’échec ? Le succès se traduit-il dans le nombre des prix – prix Nobel, bien entendu – qu’il suscite ? Si tel était le cas, on pourrait affirmer – dans un premier temps – que la recherche allemande se porte bien puisque cette distinction suprême revient régulièrement à des scientifiques allemands – la dernière fois en 2005, au physicien Theodor Wolfgang Hänsch, alias Ted Hänsch.

Mais ce n’est pas en Allemagne que Ted Hänsch a récolté ses plus grands succès, tout comme d’autres Prix Nobel de ces dernières années tels que les physiciens Wolfgang Ketterle et Horst L. Störmer ou encore le spécialiste en biologie cellulaire Günter Blobel, eux aussi primés aux USA après avoir suivi leurs études ici-bas. Cette situation s’explique par le fait que trop longtemps, les jeunes chercheurs étaient quasiment réduits en Allemagne au statut de „porteurs de valise“ de leurs aînés, les grands professeurs.

La science allemande – meilleure que sa réputation

Fort heureusement, les temps ont changé et ces dernières années, l’Allemagne a mis en place un système de „chaires junior“ qui permettent de mettre en exergue tout le talent des jeunes chercheurs. Autres mesures prises dans ce sens: l’instauration d’établissements universitaires privés ou financés par des fondations, sur le modèle américain, le prélèvement de droits d’inscription ou le renforcement de l’autonomie des établissements. Grâce à la règle des „financements tiers“, l’Allemagne a pu diversifier et donner un coup de jeune à son paysage universitaire. Ainsi donc, beaucoup de choses ont changé. Reinhard Grunwald, le secrétaire général de la communauté de recherche allemand (DFG), ne tarit pas d’éloges sur l’évolution qui se fait jour, estimant même qu’en dix ans, les universités allemandes ont beaucoup plus bougé que pendant tout le reste de leur histoire ! On a reconnu le problème, les statuts de la fonction publique sont interprétés plus librement, les postes peuvent être occupés de manière plus flexible. Et le plus important, selon le secrétaire général de la DFG : il n’a encore rencontré aucun « fonctionnaire qui revendiquerait son opposition à la recherche scientifique au point de vouloir la gêner ».

Impossible d’être premier toujours et partout

Les chercheurs et les instituts de recherche allemands sont encore et toujours « numéro un » dans le monde en médecine biologique et en robotique, en ingénierie et en nanotechnologie. Le laboratoire DESY (Deutsche Elektronen-Synchrotron) spécialisé dans la physique des particules, situé à Hambourg, est un lieu de pèlerinage pour tous les spécialistes de la physique des hautes énergies, tout comme le GSI (Gesellschaft für Schwerionenforschung) spécialisé dans la chimie nucléaire à Darmstadt. Et dans beaucoup d’autres secteurs, la recherche scientifique allemande continue d’avoir son mot à dire sur le plan international.

Il faut toutefois cesser de croire qu’un pays peut dominer seul l’ensemble d’un terrain scientifique. Selon Reinhard Grunwald, il s’agit de se « concentrer sur les points forts ». Et l’Allemagne remplit très bien les conditions concernant la recherche. Car en Allemagne, contrairement à beaucoup d’autres pays, « la liberté de l’art et de la recherche est garantie par la Constitution ».

Les points forts du système

L’augmentation continue des coopérations internationales dans le domaine de la recherche est sûrement une bonne chose. Avoir confiance dans la longue tradition de la recherche – et dans l’économie allemande – en est une autre. Avec de bonnes idées, on a tous les atouts en main pour s’aventurer hors des laboratoires et s’attaquer au marché. Le transfert de savoir – voilà la formule magique. Ensuite, bien sûr, il y a le système universitaire qui doit être réorganisé, certes, mais qui compte toujours parmi les meilleurs au monde. L’Allemagne – terre d’accueil pour la science : l’État fédéral et les Länder savent se montrer généreux envers la recherche et le développement, en partie aussi dans leurs propres institutions.

En route vers l‘avenir

L’Initiave excellence décidée en 2005 par le gouvernement fédéral et les Länder doit ouvrir la voie à une réforme du paysage universitaire allemand. Les universités vont tendre à se spécialiser dans certains domaines, à aiguiser leur profil, de façon à constituer ce qu’on appelle des „clusters (ou pôles) d’excellence“. Des fonds supplémentaires seront alloués aux meilleurs. Prof. Dr. Ernst-Ludwig Winnacker, ancien président de la DFG se veut optimiste: „Nous attendons avec impatience les évolutions à venir. L’Initiative d’excellence et les projets d’instaurer un Conseil européen de la recherche sont autant de signes positifs qui laissent présager d’un avenir meilleur pour la recherche en Allemagne et en Europe."




Informations supplémentaires

Initiative du Ministère fédéral de la culture et de la recherche présente des réseaux internationaux qui balaient tous les champs de connaissances en matière de culture, de recherche, de développement, de mise en application et de services
http://www.kompetenznetze.de

Die Deutsche Forschungsgemeinschaft
http://www.dfg.de

Carte du ministère de la recherche localisant les différents centres de recherche en Allemagne
http://www.forschungsportal.net/landschaft.html

dernière modification: 21/07/2007

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